mercredi 25 novembre 2009

Courtepointe de Noël: LA FERME SANS COQ / LITTLE FARM WITHOUT COCKS ! (ce texte n'a pas encore été corrigé, il le sera bientôt)

LA FERME SANS COQ / LITTLE FARM WITHOUT COCKS !
Courtepointe de Noël, ou l’année où j’ai découvert que ma famille est originale


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Ben oui ! Je dois l’avouer, mon frère, LE frère, donc un de mes deux frère, ressemble étrangement, mais physiquement seulement, à Boom Desjardins !! (je reviendrai sur ce fait plus tard)
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On est à la fin novembre, et, OUI, on fête déjà Noël chez les Stuyck !

C’est que vous devez savoir que, LE père part pour 3 mois au Mexique, à chaque début de décembre, comme s’il n’avait plus la force de supporter la température ambiante, éternel étranger au spleen d’hivers. Je l’envie, car, il part, un peu comme un ado, pour le sud-ouest, à chaque année, vers la libération qui se traduit, entre autre, par le vent du sud, les dauphins, l’eau relativement chaude et tout ce qui vient avec… ; BAJA CALIFORNIA (Mexique) !

Tout ça pour dire qu’on est le 21 nov. et que l’on fête Noël chez les Stuyck ; le père est venu me chercher sur le plateau à 10h Am, afin de pouvoir starter la dinde vers les 11h chez, mon, LE, frère (celui dont je vous vantais la maison dans l’un de mes premiers blogs).

La veille fut une étrange soirée de « retrouvailles73 », dont je ne me rappelle qu’à peine la fin… j’ai des flashback d’avoir presque vomi sur le « plus qu’une heure » de représentations pornographiques des années 90 projetées au Brouehaha et aussi d’avoir pris un shooter de « gâteau aux carottes » avec mon ancien coloc et le célèbre Be, le gars du Monde dans le Feu, tous deux de fiers travailleurs chez Bande à Part … mais c’est à peu près tout ce dont je me rappelle… Une veille bien floue qui mérite d’être dormie jusqu’à plus que 10h Am ; c’est simplement pour vous expliquer pourquoi j’ai sommeillé depuis le « take me home » de mon père, jusqu’à, environ, 3h pm, à St-Agathe, chez le frère.. Trop lendemain de veille pour supporter ne serait-ce que moi-même !

C’est donc, plus lendemain de veille que jamais, que je me suis réveillée, en sursautant, suite à l’appel d’une Guenille (pour ne pas faire ma 3e plug de musique locale subtilement dans le même billet) qui me ramena complètement à la réalité. Heureusement, le sous-sol/salle de jeux/endroit où je dormais contenais une issue de secours vers le « dehors », ou le bord de l’eau, vers lequel je m’étais jadis réfugiée (voir mon billet : Les gens n’achètent plus d’art Tabarnak).. J’y sorti avec une aisance innée, y fit un cours appel, avec énormément de diligence, mais toujours en me réfugiant visuellement dans le reflet ensoleillé du lac contenu dans la cours arrière du frère. . . OUTCH !.. que j’ai pensé ; le contraste entre le calme du paysage et le vacarme intérieur que je vivais était confirmé … le mal de tête qui me pris !!! Je ne vous raconte même pas !

(Je suis retournée vers la maison de pierre en me ressaisissant)

J’entre dans la maison de pierre ;
Le frère et Le père jouent aux échecs (j’ai su, plus tard, qu’ils ont joué 2 games, et qu’ils ont gagnés, chacun à leur tour.. je trouvais ça cool qu’ils n’arrivent jamais à se faire réellement compétition ces deux là), la belle mère popotait encore dans la cuisine.. ça sentait bon ! Les filles (ma nièce et ma filleule) siestaient et ma belle sœur se préparait à dans sa salle de bain en céramique. . . J’avais rarement eu la chance de « feeler » un moment de famille aussi « quotidien » chez les Stuyck (en fait, peut-être oui, au Mexique, mais justement ; le fait de ne pas être au Québec faisait de ce moment un « hors du commun »). . .

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Pour vous faire un très TRÈS bref portrait, la famille Stuyck est tricotée bien serrée, mais disons que c’est un tricot très coloré qui ne provient pas nécessairement de la même brebis !?!!! C’est un étroit tricot décousu … mais selon moi, le plus beau des «pull-overs» ever made in la belle province, et ce, même si ses origines puisent plutôt dans les Flandres des années 60. (Je parle à moitié en anglais, car je me suis rendue compte qu’on avait intégré 2 anglophones depuis quelques années… pas pire pour une famille d’immigrants séparatistes !)

Les Stuyck (à noël) c’est maintenant 12 personnes :

1) Le père ; l’artiste.

2) la belle-mère ; la femme la plus douce et, à la fois, la plus sportive du monde.

3) Le frère ; qui est maintenant aussi père et l’homme à tout faire dont je vous parlais dans un précédent billet.

4) sa copine, la belle sœur ; qui aime les animaux.

5) Le frère ; un écolo célibataire qui ressemble à Boom Desjardins, je le répète, seulement physiquement, et, avec qui, je suis allée au Mexique dernièrement.

6) La filleule ; la plus belle des petites filles rousses… je m’amuse à l’appeler Rousse.

7) La nièce ; la princesse qui veut se faire appeler Rose (elle m’a vraiment dit ça)… parce que c’est sa couleur préférée.

8) La cousine ; que j’ai longtemps considéré comme étant ma tante simplement parce qu’elle était plus vieille que moi.

9) sa blonde, la belle cousine ; une excellente cuisinière et une anglophone qui a connue l’Irak en pleine guerre !

10) Le cousin ; qui a l’air de rien, mais qui est ‘percé’ des mamelons aux couilles… aucune exagération.

11) sa copine, la belle cousine ; une anglophone maniaque des rats et qui semble aussi prendre part aux joies que semblent lui procurer le percing..

Et moi 12)

. . . Tricot décousu, mais tellement de son temps !

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Bon, je pourrais bien vous compter en détails, de mon meilleur verbe romancé et comique, ce que fut un noël chez les Stuyck, mais ce serait trop facile,… alors je vais passer aux vraie choses ; j’ai découvert qu’on n’était pas normal !

En effet, depuis mon arrivée à St-Agathe jusqu’à mon arrivée sur Montréal, je serai confrontée à une série d’événements qui ne fera que surligné notre côté excentrique :

C’est après avoir « sneequé » dans tous les plats en cuisson dans la cuisine, que la belle sœur et les petites sont descendues. La belle sœur se mis frénétiquement au montage de la table de noël (je dis montage, car c’était carrément une installation ; une empilade d’étoiles, de guirlandes, de brillants, de chandelles rouges, de napkins de noël et de décos peintes à la main) pendant ce temps, je terminais lâchement ma toast boostée aux oméga3 avec sur le dessus une tranche de fromage jaune… je commençais à peine à perdre mon mal de tête.

La nièce, princesse Rose, prend sa voix de « je viens à peine de me réveiller et je suis une princesse bon » pour questionner le frère :

« Papa a a ? c’est l’heure des olympiques escargot …»

Elle n’a même pas terminé sa phrase, que Le frère se lève, allume le lecteur DVD et s’assoit près d’elle pour écouter les « olympiques escargots », une émission pour enfant constituée de limaces en pâte à modeler, …. mais…. mais….il semble l’apprécié encore plus qu’elle ! Il me regarde avec ses yeux rond comme des billes, pas les petites qui ne valent presque rien, des grosses billes du type qu’on aime gagner….puis, dans un élan presque surjoué d’excitation, il me balance un truc comme:

« Dans le dernier épisode ils faisaient une course d’escargot ! C’était comme une vraie course olympique là, avec des entraineurs escargots, des photographes escargots, des dossards pour escargot… etc. » « pis des ‘xxxx’ escargot » à toute ses fins de phrases.

J’étais subjuguée par son réel intérêt ! .. weird !

Les invités commencent à arriver, on fait pèter les bulles et les fillettes s’impatientent en voyant tous les cadeaux s’empiler. Je propose à princesse Rose de me présenter son rat (je fais semblant que ce n’est pas la première chose que j’ai remarqué en arrivant dans le salon) pour la faire patienter. La belle Rousse nous suit ; à son âge, son implication dans une soirée s’élabore, de manière générale, à suivre sa sœur en essayant de prendre part à tous les jeux qu’elle ne comprend malheureusement pas toujours. En se rendant à la cage, je réfléchis au fait que le rat n’est pas un animal très « royal » pour une princesse rose. Bizarre !

Enfin, la belle sœur donne le coup d’envoi à l’ouverture des cadeaux pour Rose et Rousse seulement. Dans mon temps, ce genre de passe droit pour les enfants n’existait pas… on n’ouvrait jamais les cadeaux avant le repas… je me suis dit qu’on était une famille cool.

« À la soupe ! »

Je m’assois juste à côté de princesse Rose, parce qu’elle me l’a gentiment ordonnée.

Pendant le souper, la belle sœur nous fait piger une question secrète dans un chapeau. Elle nous explique, qu’à un moment choisi dans la soirée, on doit répondre à notre question (j’ai su plus tard que c’était les questions que l’on pose au gens de l’émission Le Banquier pour les sélectionner).

Après avoir terminé la soupe, Le frère écolo me fixa un bref instant …et, j’ai eu un gros flash : il ressemble trop à Boom Desjardins… physiquement seulement… ! Ça me gosse extrêmement, car j’ai toujours trouvé qu’il était bel homme… ça gâche tout d’avoir cette réflexion en l’observant… ses théories scientifiques d’excavation du sol n’auront plus jamais la même saveur. Je cache ici qu’il est quand même l’auteur d’une toune sur le dernier disque de Martin Deschamps… wash… « mauvaise pop » sort du crâne de mon frère, je te l’ordonne ! J’aime mieux me rappeler de sa tête comme celle qui m’a fait découvrir Portishead ou encore Radiohead.

Il ne questionne aucunement la genre de grimace que je viens inconsciemment de lui faire, puis il se retourne vers le cousin en lui demandant si, lui aussi, il avait des percing (sa copine, la belle cousine, qui est assise juste à côté de lui, en possède trois sous la lèvre inférieure). Il lui répond que « oui ». Le frère demande « où ? ». Le cousin pointe ses deux mamelons et son sexe. Je me suis trouvée professionnelle de ne pas m’étouffer avec ma bouchée et j’ai trouvé magnifique qu’il s’assume devant tout le monde. Ensuite, je me suis posée une question … pour en conclure que je ne voulais pas nécessairement savoir la réponse.

À la fin du souper, La cousine décide de répondre à sa question « quel est le moment le plus embarrassant que vous ayez vécu ? » Elle nous raconte comment, un jour, elle avait déjà littéralement fait caca dans son pick-up en se rendant chez un client. Je n’ai pas le gout d’élaborer, mais c’était tout de même drôle de parler « marde » en famille. Je me suis dit qu’on n’avait pas trop de tabou.

Après le souper, le père a sorti son « œuvre musicale complète », un cahier de 15 pages annotées d’accords, un cadeau que je lui réclamais depuis un bon deux ans !

Pendant qu’il interprétait quelques-unes de ses chansons en s’accompagnant maladroitement à la guitare (ben oui, mon père est aussi bon au picking que moi… ça doit être héréditaire… ou bien c’est simplement parce que c’est lui qui m’a appris à en jouer !) et que le reste de la famille était comme hypnotisée par l’acte, j’observais tous les mots du cahier avec une précision de moine.. je n’en revenais pas qu’il ait autant écrit sur l’amour ! Il faut l’avouer, le père avait eu beaucoup de relations dans sa jeunesse, mais il avait tout de même l’orgueil de ne pas trop aimer en parler… la fragilité dans ses mots m’a frappée de plein fouet.. J’avais vraiment envie de pleurer… j’ai su me retenir en regardant autour, quand j’aperçue la belle sœur qui me faisait signe de monter pour border ma filleule. Une sorte de refuge, je me sentais chanceuse, j’étais touchée par le geste… puis en montant l’escalier, j’ai pensé que j’avais vraiment trop hâte de reprendre les chansons de mon père… que ça allait me donner un break.. je me suis encore sentie chanceuse.
Je m’assois dans la chaise berçante, La filleule tripe ben raide sur les livres (c’est vrai…et elle a, à peine, un an et demi) c’est pourquoi je lui lu, en tout, 10 pages de trucs du genre (à noter que c’était ; une phrase par page):

« Cailloux doit aller se coucher, Cailloux pleure, Cailloux est fâché, Cailloux aime maman, car il sait qu’elle est toujours là, Cailloux peut dormir, Cailloux fait des beaux rêves, Cailloux aime maman. »

J’essayais, tant bien que mal, de mettre le plus d’intonation dans ma voix, mais, à chaque fois que je tournais une page, j’étais trop ébahie par la simplicité de l’histoire, aux mots qui, coups sur coups, me donnait toujours plus l’impression d’être ridicule. J’ai tout de même flanché à une deuxième histoire quand la Rousse m’a pointé sa bibliothèque avec son mini-index, elle en redemandait et c’était trop cute. J’ai fini par la mettre au lit avec toute ma douceur. C’était un moment précieux de notre relation de filleule/marraine.

Quand je redescendis, la belle-cousine, la copine de ma cousine, racontait qu’elles venaient juste d’acheter une fermette à Val-David et qu’on allait faire notre prochain party de noël là-bas. Elle donna un coup de coude à ma cousine et nous dit :

« Hey, tu ne leur a toujours pas dit comment on allait appeler la place »

Ma cousine mima l’enseigne qu’elle allait placer à l’entrée de la ferme… avec inscrit dessus :

« La ferme sans cock » !!

Elle nous fit un clin d’œil et tout le monde est parti à rire, parce que c’était probablement la meilleure joke de lesbienne qu’on n’avait jamais entendu… mais bonne joke ou pas, je connais ma cousine et je sais qu’elle le fera pour vrai (c’est aussi vrai qu’elles ont 6 poules mais aucun coq) !

C’est là que, j’ai réalisé qu’on était assez « spéciale » comme famille.. ou est-ce juste, que l’on fêtait noël un 21 novembre alors qu’il n’y avait même pas de neige à Ste-Agathe ?

3 commentaires:

Anonyme a dit…

lovely story miss 4n !

Anonyme a dit…

Une vraie courtepointe aussi, ta façon de raconter... c'est comme si dans un trip en voiture, tu es la seule à toujours pointer le détail du paysage que personne ne voit, pas le détail incongru, mais le détail qui donne finalement de la signification au paysage, et donc au voyage... nice !

Zeph

4n Stuyck a dit…

Yié Merci Zephir, ton commentaire me touche vraiment! xx